Accès à la PACES : REVUE DE PRESSE

Accès à la PACES : des chefs de clinique épluchent les candidatures « dans des conditions désastreuses »

Sophie Martos
| 16.05.2018
 Source : Lequotidiendumedecin.fr
 
  • Paces
Les chefs de clinique et assistants des hôpitaux de Paris (SCCAHP) dénoncent les « conditions désastreuses »  dans lesquelles ils sont aujourd'hui contraints d'analyser et de noter les milliers de dossiers de candidatures des futurs bacheliers qui postulent à la première année commune aux études de santé (PACES) dans le cadre du système Parcour'Sup. « Ce travail supplémentaire a été imposé en toute hâte et sans concertation », fulmine le syndicat qui stigmatise une « évaluation inique » pour les jeunes qui se destinent aux métiers de la santé.  

De fait, la nouvelle loi « orientation et réussite des étudiants » a acté la fin du tirage au sort dans les filières en tension au profit d'un accès par étapes et de la vérification d'attendus (tenant compte du parcours des élèves, de leurs motivations, etc.). Chaque futur bachelier adresse une lettre de motivation et un CV sur ParcourSup et formule plusieurs vœux. Le processus d'évaluation a été enclenché fin avril dans les facultés et la PACES catalyse un nombre d'inscriptions en progression de 2 % par rapport à 2017.

200 dossiers par chef de clinique !

À l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (Ile-de-France), les chefs de clinique ont ainsi été requis pour mettre la main à la pâte afin d'éplucher les lettres de motivation et CV des quelque 8 000 candidats à la PACES. « Ils ont reçu un mail du doyen de la faculté les invitant à analyser et noter les dossiers. Le mail indique quatre critères d'évaluation », raconte le Dr Franck Verdonk, président du SCCAHP. Parmi ces critères, les CCA doivent classer les lettres de motivation selon une grille sommaire allant de A à D, A étant la meilleure note. « Ils regardent le projet professionnel, les fautes d'orthographe, de grammaire et si la lettre a été recopiée, si elle correspond à un modèle », précise le Dr Verdonk. « Il n'y a pas de rejet de cette mission, en revanche ses modalités laissent clairement à désirer », critique-il. 

La précipitation de la démarche et les délais serrés sont mis en cause. Les 80 chefs de clinique de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines analysent chacun 200 dossiers depuis le 28 avril… La clôture était prévue ce mercredi 16 mai. « Il n'y a eu aucune concertation entre l'hôpital et le CHU. Ce travail supplémentaire ne tient pas compte de l'activité clinique du chef de clinique », reprend le Dr Verdonk. 

Manque de rigueur et de sérénité

Le syndicat des chefs redoute que cette sélection improvisée et précipitée des bacheliers ne garantisse pas « la rigueur et la sérénité nécessaires que devrait réunir une telle tâche ». « Elle est faite le soir ou le week-end et pas de la manière la plus homogène. Il ne faut pas oublier que derrière chaque note il y a un objectif de classement », rappelle le Dr Verdonk. Aucune formation spécifique n'a été dispensée. 

Dans le cadre de la loi, chaque faculté gère en autonomie son processus de classement des candidats. Interrogé par « le Quotidien » sur les modalités d'évaluation des dossiers, le Pr Jean Sibilia, président de la conférence des doyens de médecine, précise qu'un « inventaire » des expérimentations sera établi avant la prochaine rentrée ainsi qu’une évaluation. « Certaines facultés ont formé des personnels administratifs, d'autres ont mobilisé les chefs ou les PU-PH pour analyser les notes des lycéens, les lettres de motivation… », commente le Pr Sibilia. Un vade-mecum sera proposé dans le courant de l'année. 

 

 

En première année de médecine, CV et lettres de motivation à la loupe

En première année de médecine, CV et lettres de motivation à la loupe

A Versailles, les chefs de clinique ont été appelés à la rescousse pour le tri des dossiers.

LE MONDE | | Par François Béguin


L’université de médecine Paris-Descartes. Fred Romero - Flickr via Campus

 

Comment trier les milliers de candidatures à la première année de médecine (Paces) ? Pour cette première édition de Parcoursup, chacune des trente-six facultés de médecine s’est organisée à sa manière pour examiner les dossiers des lycéens désireux de s’inscrire en Paces. Non sans parfois quelques grincements de dents, comme à l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Le 26 avril, les chefs de clinique-assistants des hôpitaux (CCA), des médecins hospitalo-universitaires non titulaires assurant une vingtaine d’heures de cours par an, ont reçu un e-mail leur demandant de participer à l’analyse – en moins de deux semaines – de 7 300 dossiers de candidatures pour 1 200 places disponibles. Avec pour mission d’évaluer chacun près de 200 dossiers selon une grille préétablie.

Evaluation chronophage

Pour Laurent Gilardin, du syndicat des chefs de clinique et assistants des hôpitaux de Paris, ce processus a été « décidé dans la précipitation, sans concertation et sans formation à la procédure de sélection des étudiants ». Il existe, selon lui, le risque que cette évaluation, chronophage, ne soit pas faite « sérieusement » par des CCA travaillant déjà plus de soixante-dix heures par semaine, et donc que les candidats soient « pénalisés ».

 

Djillali Annane, le doyen de l’UFR – et par ailleurs ancien conseiller de l’ex-ministre de la santé Marisol Touraine –, assume sa méthode. « La majorité de mes collègues doyens, pour ne pas dire tous, ont choisi de neutraliser la lettre de motivation, dit-il. Nous avons pour notre part considéré que ce n’était pas éthique de ne pas la prendre en compte. »

Aux professeurs de première année d’évaluer les appréciations des enseignants de lycée dans les dossiers des candidats, et aux chefs de clinique, donc, de noter les CV et les lettres de motivation. « Il ne faut pas trois heures pour en lire une, elles font généralement 400 mots et tiennent sur une...

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Parcour'Sup : les CCA mobilisés

Ils vont bien s'amuser

Formation | 15 mai 2018 | Jonathan Herchkovitch

 

Les chefs de clinique-assistants sont mobilisés pour étudier et noter les dossiers des futurs bacheliers inscrits via Parcour’Sup. Une charge de travail supplémentaire qui ne plaît pas du tout au SCCAHP.

La grande révolution Parcour’Sup est là… et ne passe pas du tout. Moins concernées que d’autres filières dans le mouvement lycéen et universitaire qui s’oppose à la réforme de l’admission post-bac, les facultés de médecine commencent néanmoins à se joindre à la fête. Et comme pour beaucoup d’autres, c’est surtout au niveau de la sélection que ça coince.

Car, comme pour toutes les filières, les universités ont reçu les dossiers des candidats, qui doivent être notés en fonction des « attendus ». Et qui va se charger d’évaluer ? Les Chefs de clinique assistants (CCA), of course !

20 dossiers par jour

Résultat, dans certaines UFR parisiennes : 200 dossiers à traiter en une dizaine de jours ouvrés ! Le tout, bien sûr, sans qu’une organisation particulière n’ait été mise en place.

Dans un communiqué envoyé le 10 mai, le Syndicat des chefs de clinique assistants des hôpitaux de Paris (SCCAHP) s’insurge contre l'implication des CCA et alerte contre les « conditions désastreuses » dans lesquelles l’analyse sera faite. « Ce travail supplémentaire a été imposé en toute hâte et sans concertation », et « aucune formation n’a été dispensée », ajoute-t-il. Le SCCAHP déclare qu’un simple mail avec des critères  d’évaluation « excessivement succincts et subjectifs » a été envoyé.

Allez, fais pas le feignant…

Alors que le syndicat refuse d’être associé à une sélection à l’emporte-pièce, d’autres semblent bien plus détendus. C’est le cas du Pr Djillali Annane, doyen à Versailles-Saint-Quentin-en Yvelines, qui estime, en parlant des lettres de motivation, qu’« il ne faut pas trois heures pour en lire une, elles font généralement 400 mots et tiennent sur une page », rapporte Le Monde. C’est aussi le cas de Jean Sibilia, président de la conférence des doyens, qui a déclaré que « la participation des chefs de clinique donne un sens à leur mission et au compagnonnage »

Parmi les doyens, certains auraient choisi la solution en loucedé. Dans la plupart des facs, ils auraient donné la consigne de sauter l'étape lettre de motivation, d’après le Pr Annane – mais lui fait ça proprement, bien entendu ! L’analyse se limiterait donc au CV, où les inspecteurs-CCA devront vérifier les attendus : connaissances et compétences scientifiques (analyse, abstraction, logique, expérimentation) ou encore les compétences en communication écrite et orale dans au moins une langue étrangère.

Pour ceux qui le font consciencieusement, il faudra aussi noter la lettre de motivation, donc, avec les critères suivants : elle ne devra pas être recopiée à partir d’une lettre type, le candidat devra faire preuve d’une bonne orthographe et grammaire et exposer un projet professionnel « clair, explicite et motivé ». Allez, bon courage !

Formation | 15 mai 2018 | Jonathan Herchkovitch

 

Chargés d'évaluer à la va-vite les candidats à la PACES, des chefs de clinique s'insurgent

Amandine Le Blanc
| 16.05.2018
 
 
  • Dossiers
VOISIN/PHANIE

Le 28 avril dernier, les 80 chefs de clinique universitaires-assistants des hôpitaux (CCU-AH) de l’UFR de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines ont reçu un mail les informant qu'ils seraient mis à contribution pour analyser et noter les dossiers des futurs bacheliers pour leur entrée dans les études de médecine.

Dans le cadre du nouveau système Parcour’Sup, chaque futur étudiant doit notamment intégrer à son dossier un CV et une lettre de motivation pour justifier ses pré-choix....

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