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MOBILISATION SECTEUR 2

Actualités Syndicales

Cher(e)s Collègues,

Je réponds rapidement à cette mailing liste improvisée, surpris par ces réactions soudaines et totalement inadaptées. Les attaques contre la liberté d’installation et le secteur 2 ne datent pas du début de semaine, et le rapport de force est très largement en notre défaveur depuis le début.

Après maintes tractations avec le Ministère, il semble acté que la liberté d’installation soit préservée au moins jusqu’en 2013 (la Ministre s’étant opposée aux nombreux amendements déposés au nom de la solidarité intergénérationnelle). Néanmoins, nous nous gardons bien de communiquer largement avant le vote de la loi, et restons méfiants jusqu’au bout.

Il n’en est pas de même pour le secteur 2. Comme vous avez pu le constater sur la vidéo de l’UCDF, il existe un consensus droite gauche pour le limiter voir le supprimer (en fonction des parlementaires et des sensibilités politiques). L’absence de signature d’une convention entre Syndicats et Caisse d’Assurance Maladie laisse en effet la voie libre aux parlementaires pour le vote de ces amendements et le gouvernement, même s’il le désirait, ne peut s’appuyer sur rien pour s’opposer à ces amendements.

Il faut rajouter qu’il existe une réalité qui sous-tend cette volonté de suppression du secteur 2 : dans certaines régions, l’accès à certains soins de secteur 1 est difficile voir impossible.

Bien entendu, cette réalité est uniquement la conséquence d’une politique malthusienne de diminution du numerus clausus ayant conduit à la pénurie médicale que nous connaissons actuellement, couplée à l’absence de revalorisation des actes (le secteur 2 a pris l’ampleur qu’il a pris compte tenu de l’absence de revalorisation des actes). Hélas, cette réalité (difficulté d’accès aux soins du secteur 1) est une réalité qui a beaucoup plus d’impact auprès de nos parlementaires que nos arguments, aussi pertinents soient-ils. Il faut ajouter un autre lobby en faveur de la régulation du secteur 2 : c’est celui de l’hospitalisation privée ! En effet, la Fédération de Hospitalisation Privée souhaite la régulation du secteur 2 au motif, selon elle, que les praticiens ont tendance à privilégier l’augmentation de leurs dépassements sur l’augmentation du volume d’actes, ce qui nuit aux cliniques. Bref, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

L’amendement 865 prévoit la possibilité par l’ARS d’imposer aux structures publiques ou privées d’effectuer un certain nombre d’actes lourds (c'est-à-dire de chirurgie) en secteur 1 lorsque l’accès au secteur 1 est difficile, voir impossible. Bien entendu, c’est une épée de Damoclès terrible. Tout dépend en réalité du décret d’application, et c’est la raison pour laquelle le Syndicat des CCA-AHU, structure transdisciplinaire, soutient le mouvement de l’Union des Chirurgiens De France (qui n’a pour d’autre but que de faire monter la pression). Cet amendement peut également permettre d’éviter tout autre amendement beaucoup plus coercitif sur le secteur 2.

Comme vous le comprenez maintenant peut-être, le combat n’est déjà plus à mener à l’Assemblée Nationale (sauf nouvel amendement), mais au Ministère concernant le décret d’application, et l’UCDF en est parfaitement consciente.

Nous pensions que le climat était suffisamment lourd et difficile pour que les différentes organisations de médecins restent unies.

A la lecture de cet email décalé, aux propos parfois mensongers quant à la réalité des conséquences de ces amendements (aux dernières nouvelles, en cas de vote de l'amendement, le décret d'application rendrait l'amendement inoffensif), nous voyons qu’une fois de plus l’UCDF essaie, par la voix de CCA-AHU n’ayant pas compris l’intégralité des enjeux, de manipuler les internes et les CCA-AHU.  

Je suis profondément attristé de ces manœuvres contre productives quant au but recherché : sauver le secteur 2 dans un contexte dramatique.

Le décret actuel ne touche que les chirurgiens et je vais rapidement voir comment réagiront nos collègues des autres spécialités du Syndicat des CCA-AHU. En tant que chirurgien, j’espère qu’ils continueront de soutenir l’action de l’UCDF, mais je suis profondément attristé du manque de vision politique et de solidarité (et des conséquences potentielles dramatiques sur nos intérêts) que porte l’email auquel je réponds.

Cordialement

Dr Thomas GREGORY

Président du SCCAHP

 

 

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